Richard Stallman : éthique et pratique du logiciel libre (conférence à Sophia-Antipolis)
Par Xavier_OM le 2008-05-06@09:50:00, 09:50:00 - Logiciels libres et Hacking - Lien permanent
Richard Stallman, fondateur du projet GNU, de la Free Software Foundation, à l'origine des licences libres pour le logiciel (GPL), codeur de la version originale d'Emacs, de la GNU Compiler Collection (gcc)... autant dire une icône du monde de l'informatique libre.
Il était lundi à Polytech'Nice Sophia (ex-ESSI) pour une conférence intitulée "Éthique et Pratique du Logiciel Libre", à la demande de Roger Marlin (dit "Le Capitaine"), et l'amphithéâtre était plein.
À la différence de sa conférence de 2004 (à l'ESSI), il a tout fait en français. Il faut savoir qu'il fait des conférences en anglais, français, espagnol (et parle un peu indonésien), mais qu'en 2004 il avait tout fait en anglais (à l'exception de quelques phrases d'introduction) car il était assez fatigué.
Suivant le même plan que dans ses conférences habituelles, il explique (après avoir dit que le logiciel libre c'est "Liberté, égalité, fraternité") que le logiciel libre est un logiciel qui respecte les 4 libertés fondamentales :
- Liberté 0 : La liberté d’exécuter le programme (pour tous les usages)
- Liberté 1 : La liberté d’étudier le fonctionnement du programme (ce qui suppose l’accès au code source)
- Liberté 2 : La liberté de redistribuer des copies (y compris la vente, qui ne peut être interdite)
- Liberté 3 : La liberté d’améliorer le programme et de publier ses améliorations (ce qui suppose l’accès au code source)
Puis il explique pourquoi le logiciel libre est bon d'un point de vue éthique et démocratique :
- on peut aider son prochain : les OS libres sont accessibles partout, et copiables sans avoir à payer pour chaque licence supplémentaire.
- on peut le développer de façon collaborative et le distribuer, autour d'une idée de partage (penser à Wikipedia)
- on peut le modifier (ou engager un programmeur pour le modifier) pour l'adapter à ses besoins
- on peut contrôler ce qu'il fait (pas de spyware ou de backdoor)
Il explique aussi pourquoi le lociel non-libre ("privateur de liberté") n'est pas bon :
- dépendance envers une entreprise privée : Microsoft (entreprise américaine) peut décider de l'avenir de vos fichiers .doc ou de ceux du gouvernement qui utiliserait Microsoft Office. L´utilisation de Windows dans l'administration ou l'éducation donne un poids politique à une entreprise privée, qui ne devrait pas en avoir car elle n'est jamais légitime vis à vis du peuple.
- aucune possibilité d'action : si on demande une modification ou la correction d'un problème, on est soumis totalement au bon vouloir du développeur du logiciel. Ce n'est pas démocratique.
- faille de sécurité, logiciel non vérifiable
Ensuite il revient sur l'histoire du mouvement libre :
- partage de code au MIT dans les années 1970
- projet de création d'un système d'exploitation libre (semblable à Unix) vers 1983
- tous les outils sont prêts sauf le noyau (car les technologies micro-kernels sont mal maîtrisées) à la fin des années 1980
- Linus Torvald crée un noyau simple (monolithique) et le place sous license libre, ce qui attire des développeurs du monde entier : on a alors un système libre complet.
- apparition de distributions qui dans une course à la part de marché rajoute des logiciels non-libres pour proposer un "plus" commercial.
en insistant pour qu'on écrive GNU/Linux, et pas juste Linux quand on parle du système complet et pas que du noyau.
Enfin il insiste sur l'importance des logiciels libres dans l'éducation, et la conférence se termine par une demi-heure de questions/réponses.
Et il revêt sa tenue de gourou et nous invite à acheter divers badges, pins et porte-clefs pour le compte de la Free Software Foundation.
Fin. (photos à venir).
- La conférence du 05/05/2008
- Morceaux choisis sous forme de crayonnés (merci Clémentine !)
- Autre article de blog sur le même sujet
Vous pouvez retrouver la conférence de 2004 sur le site de jm2l.